Paris, le 10 juillet 2020. Le 25 mars 2020, le Président de la République a annoncé un plan massif d’investissement et de revalorisation des carrières hospitalières. Le 25 mai, le Premier ministre et le ministre de la Santé lançaient le Ségur de la Santé dont le but est d’élaborer des propositions concrètes pour le système de santé malgré un calendrier très serré. Conscients des défaillances du système, les jeunes généralistes veulent contribuer à son amélioration pour une meilleure prise en charge des patients. ReAGJIR, le syndicat représentatif des jeunes généralistes (remplaçants, installés depuis moins de 5 ans et chefs de clinique), a ainsi fait des propositions. Le Ségur de la Santé vient de s’achever.

Un Ségur de la Santé prometteur mais incomplet

« Nous avions quelques craintes car un calendrier de 6 semaines pour sortir des mesures concrètes est serré. Et les attentes des professionnels de santé, de l’hôpital comme de la ville, importantes. Il ne faut pas oublier non plus les engagements pris dans le cadre de Ma Santé 2022 et poursuivre les chantiers déjà lancés. », explique Laure Dominjon, Présidente de ReAGJIR. « Pourtant les échanges ont été globalement constructifs et nous avons le sentiment d’avoir été écoutés. »

Parmi les 4 grands chantiers évoqués, 2 proposent des pistes intéressantes à creuser pour le système de soins en ville comme faciliter l’exercice coordonné ambulatoire (simplification des démarches administratives pour les structures coordonnées et accompagnement à leur mise en place, développement d’outils numériques de coordination) et améliorer la coordination ville-hôpital (hospitalisations directes et planification du retour à domicile, mise en place du Service d’Accès aux Soins). Mais il reste pour ReAGJIR des pistes complémentaires à développer et la Santé Publique mériterait une vraie concertation à part entière. Le rapport du Ségur de la Santé sera normalement remis au Ministre la semaine prochaine pour arbitrage. « Nous espérons que les premières pistes évoquées seront retenues et resterons vigilants sur les mesures concrètes qui s’ensuivront. », rapporte Laure Dominjon.

Trois axes majeurs d’amélioration pour ReAGJIR

Concrètement, ReAGJIR a émis des propositions concernant le pilier 4 « fédération des acteurs de la santé dans les territoires au service des usagers ».[1] Dans le cadre de leur réflexion, les jeunes généralistes ont identifié trois pistes majeures d’amélioration : l’exercice coordonné pluriprofessionnel, la simplification et la sécurisation du début d’exercice des jeunes médecins, et le décloisonnement entre la médecine de ville et l’hôpital.

Travailler en équipe est une aspiration des jeunes généralistes : faciliter l’exercice coordonné pluriprofessionnel sous toutes ses formes (ESP, MSP, CPTS…) est indispensable en simplifiant la réglementation, en accompagnant et soutenant la mise en place de telles structures, mais aussi en améliorant la connaissance des missions et compétences de tous les professionnels de santé pour mieux travailler ensemble. Réévaluer et diversifier les modes de rémunération est nécessaire également pour valoriser cet exercice coordonné. Éducation à la santé et prévention sont au cœur de la prise en charge de demain ; c’est pourquoi il est important d’inclure à l’hôpital comme en ville, les usagers et les collectivités territoriales afin qu’ils partagent les difficultés qu’ils rencontrent. Il faut une communication interprofessionnelle partagée pour un échange facile autour de certaines situations : un outil ergonomique, sécurisé et connecté permettrait une meilleure coordination.

Simplifier et sécuriser le début d’exercice des jeunes médecins passe par 4 grands axes : conventionner les remplaçants, maillon indispensable au bon fonctionnement de notre système et à la permanence des soins, est un premier pas. Clarifier les démarches et aides à l’installation sont évidemment un point essentiel, avec la mise en place d’un interlocuteur unique pour le médecin qui s’installe, tout comme développer l’attractivité des territoires, maintenir la liberté d’installation et faciliter l’exercice mixte (libéral-salarié).

Enfin, décloisonner la médecine de ville et l’hôpital est important : pour cela il faut améliorer la coordination entre les deux avec un système de réseau pour la réalisation d’avis spécialisés ou la programmation d’hospitalisation directe, avec une anticipation et une planification du retour à domicile avec les équipes de soins en ville, et avec la promotion de l’exercice mixte. Pour compléter ce pan coordination, il faut favoriser le partage d’informations en stimulant le numérique en santé (Dossier Médical Partagé, messagerie sécurisée pour tous, annuaire des professionnels de santé et acteurs médico-sociaux à jour). Et favoriser la recherche en soins primaires en est le dernier pan : ce sont des universités et départements de médecine générale et non des CHU que doit dépendre cette recherche.

« Nous craignions le pire et sommes obligés de reconnaître que les premières recommandations qui concernent le système de soins ambulatoire se rapprochent de nos propositions. Nous attendons maintenant l’arbitrage du ministre, les mesures concrètes et espérons une réflexion dédiée à la Santé Publique et au financement du système ambulatoire pour compléter ce Ségur de la Santé. », conclut Laure Dominjon.


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