Les remplaçants enfin indemnisés ?

Paris, le 25 juin 2020. Les médecins généralistes se sont très fortement mobilisés, en première ligne, pour faire face à la crise sanitaire de la Covid-19. Installés et remplaçants libéraux ont néanmoins vu leur activité et leurs revenus chuter de manière importante. Si la CNAM[1] et le ministère de la Santé ont annoncé le 29 avril le mode de calcul d’une compensation pour les libéraux installés, il en était autrement pour les remplaçants. Comme aucun organisme ne savait estimer leur nombre ou leur perte de revenus, aucune aide dédiée n’était prévue pour ces médecins pourtant indispensables au bon fonctionnement de notre système de santé.

Des chiffres alarmants

Selon un sondage[2] mené par ReAGJIR, le syndicat représentatif des jeunes généralistes (remplaçants, installés depuis moins de 5 ans et chefs de clinique), 68,3% des répondants remplaçants avec un remplacement prévu en mars et/ou avril ont vu au moins un remplacement annulé, dont plus de la moitié (53,6%) alors qu’ils avaient pourtant déjà signé un contrat avec leur remplacé. 42,1% des remplaçants sondés ont même eu au moins 2 remplacements annulés. En commentaires, plusieurs ont mentionné leur inquiétude quant à la poursuite de ces annulations.

Ils sont 92,4% de remplaçants à se dire impactés par la crise. Sur 1367 répondants, cet impact a représenté une perte moyenne de chiffre d’affaires de -41,4% en mars et -53,7% en avril chez les remplaçants[3]. Une perte liée à l’important renoncement aux soins des patients pendant le confinement.

Le sondage révèle enfin que les quelques aides potentiellement disponibles pour les remplaçants sont soit méconnues soit peu sollicitées (aide financière du Fonds de Solidarité, report de charges de la CARMF[4] et de l’URSSAF, assurance…). Malheureusement ces aides ne sont pas disponibles pour tous et représentent un soutien limité.

« Bilan du sondage : les remplaçants ont durement été touchés par la crise sanitaire liée à la Covid-19 avec de nombreux remplacements annulés, une perte de revenus conséquentes et peu d’aides auxquelles ils sont éligibles. », résume Laure Dominjon, Présidente de ReAGJIR. Faible protection sociale, revenus irréguliers, peu ou pas de trésorerie d’avance : la situation des remplaçants est déjà compliquée. ReAGJIR leur a recommandé alors de se tourner, selon leur profil, vers le Fonds de Solidarité, l’URSSAF, la CARMF, le CNOM, leur banque, leur assurance…

Une mobilisation qui porte ses fruits

Dès que le constat a été fait que les remplaçants étaient exclus du calcul – pourtant censé compenser les pertes de revenus de tous les médecins libéraux –, ReAGJIR est monté au front. « Des échanges réguliers ont eu lieu avec le ministère de la Santé et la CNAM afin de les alerter concernant la situation financière préoccupante de ces professionnels de santé à part entière. Non reconnus par de nombreuses instances, leur nombre fait fantasmer la classe politique mais en réalité peu ou pas de données sont disponibles. Ainsi, leur chiffre d’affaires et leur taux de charge étaient jusque-là inconnus de la CNAM, rendant impossible la mise en place d’une indemnisation de la perte d’activité comme pour leurs confrères installés. », rapporte Laure Dominjon.

Une première étape a été franchie en mai en modifiant la clause « du chiffre d’affaires mensuel moyen » élargissant ainsi l’éligibilité au Fonds de Solidarité. Des propositions ont été faites pour que les différentes instances possédant des informations concernant les remplaçants (CNAM, ACOSS[5], impôts…) puissent se regrouper afin d’extraire des données exploitables. Laure Dominjon poursuit : « Finalement, suite à un travail conjoint entre le Ministère, la CNAM, l’ACOSS et ReAGJIR, ainsi que le soutien de plusieurs structures syndicales, une indemnisation pour perte d’activité sera accessible et versée aux remplaçants libéraux. Nous sommes satisfaits d’avoir été entendus par les instances et que les médecins remplaçants soient reconnus comme des acteurs de terrain à part entière et soutenus en cette période difficile. Il reste à voir le calcul proposé et la mise en place de cette indemnisation. »

Le travail de reconnaissance n’est pas terminé pour ReAGJIR : « Cette situation exceptionnelle a permis de mettre en lumière les difficultés rencontrés par les remplaçants et la nécessité de faire évoluer notre système de santé. Des travaux complémentaires doivent être entamés avec les différentes instances, dont la CNAM, notamment pour conventionner les remplaçants. », conclut Laure Dominjon.


Contacts presse
Pauline SAINT-MARTIN | 06 83 00 57 40 – pauline.saintmartin.rp@gmail.com
Anne-Lise VILLET | 06 28 47 30 01 – annelise.villet.rp@gmail.com
Dr. Laure DOMINJON | 06 42 18 40 14 – president@reagjir.com


  • [1] Caisse Nationale d’Assurance Maladie
  • [2] Sondage réalisé entre le 24 avril et le 9 mai pour mesurer l’impact financier de la Covid-19. Recueil de 1367 réponses exploitables
  • [3] Sachant que les remplaçants ont souvent un décalage entre le chiffre d’affaires encaissé et les actes effectués le même mois.
  • [4] Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France
  • [5] Agence centrale des organismes de sécurité sociale, qui pilote le réseau des Urssaf